Les deux principales causes de l'échec à
l'université, surtout dans le premier cycle (les 2-3
premières années) sont d'après moi:
- le manque de motivation, et,
- les mauvaises méthodes de
travail.
Cette motivation insuffisante peut avoir plusieurs causes, en voici
quelques unes (merci de m'envoyer d'autres causes possibles afin
d'agrandir ma collection):
- L'étudiant aurait voulu être dans une autre
Université ou Ecole: dans les classes prépa, en
médecine, dans une petite ou grande école, mais cela n'a
pas été possible (il n'a pas été
accepté ou autre chose). L'Université est la
dernière solution avant d'aller chercher du travail.
- L'étudiant n'est intéressé par aucune
étude. il aimerait être en vacances tout le temps et se
récolte intérieurement contre cette impossibilité.
L'étudiant considère donc qu'il n'a pas choisi de faire
des études, et alors puisque le
système (les parents, l'obligation de faire des
études,...) l'oblige et
bien il va résister par la technique dite du sac de pomme de
terre, bien
connue des très jeunes enfants qui savent se faire très
lourds
lorsqu'ils ne veulent pas marcher.
- L'étudiant est intéressé par certaines
études mais il ne les a pas choisies car par exemple, il croit
qu'il n'y a pas de débouchés, ou bien qu'il ne faut pas
choisir son métier parmi ses passions (au risque de perdre ses
passions),...
- L'étudiant pense que la vraie vie est ailleurs; il est
intéressé par avoir un métier mais pas par
apprendre: il ne voit pas le rapport entre études et monde
réel (par exemple le monde du travail).
- L'étudiant a décidé d'en faire le moins
possible de manière à obtenir tout juste ses
diplômes: il optimise le rapport [résultats/efforts], il
croit à la rentabilité et non aux connaissances pour
elles-mêmes.
- L'étudiant a une mauvaise image de lui-même et
craint d'être confronté dans la réalité
à un échec qui serait la preuve irréfutable de sa
faible intelligence (par exemple). Il a donc de forts doutes sur ses
capacités à réussir. Donc si il se donnait
complètement pour réussir et que finalement il
échouait alors cela serait la preuve finale qu'il est mauvais.
Il décide donc de s'investir modérément afin de
protéger ses arrières: si il échoue alors il
pourra toujours penser en lui-même qu'il a échoué
car il n'a pas beaucoup travaillé et non parce qu'il est
intrinsèquement mauvais. Ainsi la crainte d'échouer
précipite l'échec. On peut ainsi avoir la croyance
qu'il ne sert à rien
d'avoir un objectif car, de toute manière, on va à
l'échec
; donc si on espère, on sera fatalement déçu.
Autant
donc ne rien espérer pour ne pas souffrir !
- Les débouchés professionnels de la filière
choisie ne sont pas enthousiasmants: salaire peu élevé,
travail ingrat, peu reconnu socialement, pas de perspective à
long terme.
- L'étudiant n'a pas de modèle dans son entourage
proche de quelqu'un qui a fait des études et a réussi. Il
n'y croit donc pas.
Les méthodes de
travail sont mauvaises quand:
- L'étudiant ne sait pas suffisamment mémoriser.
- L'étudiant ne comprend pas les concepts.
- L'étudiant ne s'évalue pas lucidement, ni ne sait
améliorer ses méthodes de travail (pas de
métacognition).
- L'étudiant ne relit pas son cours, ne travaille pas en
dehors de l'Université.
- L'étudiant ne sait pas prendre des notes de façon
efficace et utilisables.
- L'étudiant ne comprend pas ce que le professeur attend de
lui.
Lorsqu'on combine
manque de motivation et manque de bonnes méthodes de travail et
qu'on y ajoute une
scolarité très moyenne,
voire des problèmes sociaux, l'échec est
prévisible
et même programmé.
Que peut-on faire ? Confronter les étudiants à la
réalité,
tout en leur donnant des outils modernes qui les aideront efficacement
à dépasser les limites qu'ils se sont fixées.
Cours donnés: Réussir
à l'université, c'est possible ! (2001),
Réussir
à l'université (année 2002-2003)